Les marins de bistrot (D. Gentilini/ D. Gentilini)

On entend coraçao quand on dit curaçao 
On est à Amterdam songeant aux chères dames
Qui peignent nos cœurs hauts de flammes indigo
On est les marins du bistrot

Esclaves affranchis, pirates de la nuit
A l’heure de l’apéro le comptoir est à flot
On jette l’ancre ici qui n’a jamais écrit
Les histoires du soir qui sont nos seuls bâteaux
Et ces verres de tempêtes, ces corsaires, ces beaux bars
Essuient les vagues de  jack, blanc, bière,ou cointreau
Nous sommes des sauvages, on doit faire peur à voir
Mais on n’est pas barbare, on a juste bu dix verres de trop
 
On entend coraçao quand on dit curaçao
quand le rhum désinhibe, on est aux caraïbes
Où baignent nos cœurs chauds dans palmes et coco
On est les marins du bistrot
 
Marin d’ode douce tiens bon, tiens bon le bar
Ta poésie est une saoule tragédie
Fidèle mousse d’un zinc qui n’est jamais parti
Un verre dans l’nez t’as fait louper le départ
« C’est mon comptoir pourtant c’est mon Pondichéry
Allez viens ma mignonne viens donc mon inconnue chérie »
Dit un marin notoire que l’eau de feu décoiffe
« Je bois beaucoup c’est vrai, mais c’est mon cœur qui a soif »

On noie le coraçao en buvant curaçao
Quand la marée remonte ces mousses sont nos dames
Et teignent nos cœurs gros, les larmes à gogo
On est naufragé du  bistrot

Et les marins se confessent En parlant aux belles fesses
D’une figure de proue d’un navire en détresse
Marennes d’un voyage qui trouvera son monde
Où les filles de joie enfin abondent
Non pas qu’elles se vendent mais plutôt qu’elles se prêtent
A sourire aux histoires qu’inventent nos mémoires
Le chanteur l’avait dit, elles survivent encore
Ces putains de belles dames qui sont nos phares
Et nous le chanteront elles survivent encore
Ces putains de belles dames qui nous font boire

On Broie le coraçao en proie au curaçao
Quand le rideau retombe adieu les belles dames
Saignent nos cœurs trop désarmés fandango
Sur le quai a fermé ...